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Le cri du coeur de Kim Thúy a été entendu, encore faut-il en tenir compte...

Dernière mise à jour : 8 oct. 2025


Oui mais, après le canari c'est nous ;-(
Oui mais, après le canari c'est nous ;-(

Tel un canari dans la mine qui alerte les travailleurs de la présence

de gaz toxiques, la sortie publique de Kim Thuy révèle un problème

qui s’accentue depuis la fin de la pandémie.


Alors que le gouvernement Trudeau invitait des milliers d'immigrants à franchir les frontières canadiennes, le Québec devait en recevoir la plus grande part sans pour autant disposer des ressources matérielles, financières et humaines pour les accueillir convenablement.


Inévitablement, cette situation chaotique a déclenché un débat sur notre capacité d’accueil et a exacerbé les acteurs de la classe politique. D’un coté, les partisans d’une certaine gauche n’y voyant pas vraiment de problèmes et de l’autre, des politiciens au pouvoir n’ayant d’autre choix que de chercher à ralentir la cadence.


De façon maladroite et inopportune - faut-il le préciser - le gouvernement Legault n'a pas su valoriser les impacts positifs que les immigrants ont apporté à la société québécoise mais les a tenus responsables d'une bonne part des problèmes liés à la crise du logement, les services en santé et de l’éducation.


«On entend les politiciens, on entend le discours politique et ça nous rentre dans le corps sans s’en rendre compte. Et ça change la couleur, la façon qu’on voit notre pays, la façon qu’on se voit. Et quand on nous dit: "oui, vous avez peur des immigrants" et on vous le répète tout le temps, que c’est eux les problèmes, que c’est eux la cause de tous vos problèmes, on finit par le croire»

Oui mais… 


Aurait-on oublié de mentionner que ces problèmes existaient déjà avant la pandémie et que les immigrants n’ont rien à voir avec le fait que les écoles étaient déjà vétustes, que les hôpitaux débordaient depuis toujours et que la crise du logement - parce qu’il s’agit d’un sujet fort bien documenté dans ce blogue (*2) - était déjà bien amorcée avant 2019 comme l'a dénoncé Valérie Plante et autres organismes oeuvrant dans le secteur ? (Investir en immobilier à Montréal, Institut de recherche et d’informations socioéconomiques)


Non, même s'il est évident que la présence des nouveaux venus a exacerbé la pénurie de logements et que selon Pierre Fortin, l'augmentation du solde migratoire serait le phénomène marquant depuis 2016 (*3), la CAQ s’est dédouanée des actions politiques qui auraient pu atténuer les impacts de cette crise. On n’a qu’à penser à la construction accélérée de logements sociaux, de limiter drastiquement l’expansion des locations de type Airbnb, d’assurer un meilleur contrôle du coût des loyers et la liste des actions positives pourrait s’allonger, mais Legault a préféré s’en tenir au discours ambiant et d'affubler les immigrants de problèmes qu'ils n'ont pas causés.  




«Et pour moi, mon Québec, il m’a toujours aimé. Alors pourquoi ce changement ? Soudainement, je deviens une enfant adoptée, et non plus une enfant de la famille. Soudainement on pointe du doigt tous ceux qui ne sont pas du bon groupe comme étant la cause, la source de tous les problèmes de notre société. Et c’est là ma peine, parce que je sais que mon Québec, ce n’est pas ça»

Voici donc - à mon humble avis - ce que Kim Thuy déplore : plutôt que d’apprécier les avantages qu'apportent les nouveaux venus, les québécois les perçoivent désormais comme « des problèmes » et cette dichotomie pourrait s’expliquer ainsi : les critiques acerbes de la CAQ à l’égard de cette immigration incontrôlée, s'imposaient possiblement comme un moyen de négociation avec le gouvernement fédéral pour qu'il augmente sa part de financement et qu'Ottawa restreigne l’arrivée de nouveau venus. 


Par malheur, l’objectif communicationnel a bifurqué de sa cible et s’est retourné contre les personnes venues d'ailleurs qui sont les premières victimes de ce cafouillage entre gouvernements qui ne partagent pas les mêmes visées. À force d’entendre, jour après jour, le même discours sur les ratées des politiques d'immigration, inévitablement, ce bruit médiatique a fini par s’infiltrer dans l’esprit des citoyens qui à leur tour, ne font plus la distinction entre une «politique gouvernementale» et les personnes qui en subissent les conséquences. Dans ce cas-ci - et c'est ce que semble dénoncer Kim - les immigrants seraient responsables du chaos actuel alors que dans les faits, ce sont les politiciens, tant au fédéral qu’au provincial, qui ont foutu ce bordel ! 



L’autre difficulté créé par ce cul-de-sac gouvernemental concerne l’avenir politique du Québec. Lorsque Kim exprime son opinion sur un malaise sociétal plus ou moins bien défini, ça ne se résume pas à ceux et celles qui ont traversé les frontières au cours des dernières années, mais aux québécois issus de l’immigration installés ici depuis longtemps et qui ne semblent plus faire partie de ce «NOUS», si cher à l'identité québécoise.


Du constat, la réflexion et l'action...


Kim Thuy, notre «Canari préféré» semble s'asphyxier par une brise toxique qui nous pousse à réfléchir sur le futur de la nation. En 1995, ce groupe (les immigrants) représentait environ 10% de la population, en 2021, selon Statistique Canada, ce pourcentage grimpera à plus de 15%. Poussons encore plus loin l’introspection. En 1995, selon une étude de Pierre Drouilly, les 10% d'allophones aurait voté «NON» à 90% et cette proportion d’allophones en 2025, dépassera les 15% et plus. 


Ajoutons à cela que la proportion des francophones «de souche» passera de 81% en1995 à moins de 75% en 2025 (stats de 2017 projetés subjectivement). Or, si un référendum était tenu au cours des prochaines années, il y aurait un écart d’environ 10% des intentions de vote possiblement défavorables à l’option souverainiste. Alors qu'en septembre 2025, le dernier sondage Léger, qui comportait l'augmentation de la ferveur souverainiste des18-34 ans, indique que seulement 33% des québécois voteraient OUI à une question référendaire, 35% pour le Pallas.



Or, d’ici le prochain rendez-vous référendaire, ce 16% +1 manquant

pour une victoire du OUI, hormis les 8% d'indécis, on le prend où ? 


De là, l’immense service que Kim vient de rendre à la nation québécoise : elle a levé voile sur un problème insidieux qui s’amplifiait et que nous n’avions pas vu venir. À nous maintenant d'apporter les correctifs qui s'imposent pour reconstruire cette belle solidarité interculturelle qui a été malmenée au cours des dernières années. 


René B.

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Le dimanche 21 septembre, Kim a été invitée sur le plateau de «Tout le monde en parle» et a élaboré un argumentaire fort pertinent sur ce que devrait être une intégration réussie. À écouter...




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(NDR) Conscient du fait qu'il faut être abonné au journal Le Devoir pour avoir accès aux textes, je me permet de partager la conclusion de l'éditorial signé par Louise-Maude Rioux Soucy, publié le 24 septembre 2025.


«Une nation, pour grandir, doit savoir — et pouvoir — embrasser large. Elle ne saurait s’enfermer dans l’exclusion et le ressentiment, qui la chagrinent, l’embrument et la rapetissent. C’est encore plus impératif lorsqu’on prétend vouloir créer un pays comme le fait Paul St-Pierre Plamondon, qui aurait bien besoin d’un Godin 2.0 dans son équipe pour lui rappeler que « les immigrants sont des poèmes au Québec » et non des bâtons dans les roues. Il serait aussi utile pour répondre à la question qui tue : comment peut-on, deux référendums plus tard, espérer encore faire un pays en soustrayant les voix plutôt qu’en les additionnant ?» 


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Kim a publié un très beau texte sur une page de son Facebook perso. J'ignore s'il a été écrit avant sa sortie publique, mais elle risque d'avoir de la visite. Beaucoup de visite...



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Quelques textes et entrevues télévisées.


Sophie Durocher










Georges Mercier.



Louise-Maude Rioux Soucy


Jean-François Lisée


Josée Blanchette


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Crise du logement de 2019








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(*1) Photo copiée sans autorisation de Saint Mary's University.


(*2) Dossier crise du logement du 12e Ave Montréal.


(*3) Fortin, Pierre. (2023, 7 décembre). La croissance démographique provoque la crise de l’habitation. L’actualité.









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10 raisons expliquant la pénurie de logements en 2019


Investir en immobilier à Montréal

Par Jean Sasseville



 
 
 

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